ILEX formation et consulting

Newsletter GESROSCOPIE : Ethique et bientraitance à domicile : une Charte, 8 engagements

Newsletter GESROSCOPIE : Ethique et bientraitance à domicile : une Charte, 8 engagements image 1

 Ethique et bientraitance à domicile : une Charte, 8 engagements

Loïc Gobé, président de la FESP, et Delphine Dupré-Lévêque, anthropologue (droits réservés)
Portée par la Fédération des Entreprises de Services à la Personne (FESP), cette Charte est le résultat de 2 ans de travail de terrain auprès de 300 participants, du dirigeant au bénéficiaire. Entretien avec Loïc Gobé, président de la FESP, et Delphine Dupré-Lévêque, anthropologue (qui est aussi membre du comité éditorial de Géroscopie), qui viennent de la présenter à la ministre Camille Galliard-Minier.

● Pourquoi avoir initié cette démarche ?Loïc Gobé : Parce que la bientraitance ne peut pas être pensée uniquement à partir de recommandations ou de principes généraux. À domicile, elle se joue dans les détails du quotidien : l’arrivée d’un intervenant, le respect des habitudes de vie, la manière de rechercher le consentement, l’organisation d’un remplacement, la place donnée aux proches, l’écoute des alertes ou encore le soutien apporté à des professionnels souvent isolés. Nous voulions être au plus près du terrain, tout en nous appuyant sur les travaux conduits par la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) relatifs à la bientraitance, à la prévention de la maltraitance et au développement de la réflexion éthique dans les services à domicile.

● Quelle a été votre démarche ?Delphine Dupré-Lévêque : Elle a été 100% ancrée dans le réel. Cette Charte n’a pas été rédigée à partir d’un modèle préétabli, mais élaborée à partir des expériences vécues, des besoins exprimés et des situations rencontrées par les différents acteurs de l’accompagnement à domicile. Au total, plus de 300 participants y ont contribué : dirigeants, responsables de structure, auxiliaires de vie, personnes accompagnées et proches aidants…Cette démarche a donné une place égale aux réalités organisationnelles des structures, à l’expérience des professionnels de terrain, à la parole des personnes accompagnées et au regard des proches aidants. Elle a ainsi évité une approche descendante de la bientraitance, déconnectée des situations vécues au quotidien.

● Qu’est-ce que votre étude de terrain a révélé pendant ces deux ans ?Loïc Gobé : Si notre enquête vient confirmer la qualité de l’engagement des professionnels, elle rappelle aussi les fragilités qui pèsent sur l’aide à domicile. Elle met en lumière plusieurs tensions : 95% des dirigeants interrogés déclarent rencontrer des difficultés de recrutement d’auxiliaires de vie qualifiées et 80% des responsables de structure considèrent les remplacements comme problématiques. Par ailleurs, 29% des auxiliaires de vie interrogées déclarent ne disposer d’aucune formation initiale.

● Comment sortir de cette impasse ?Delphine Dupré-Lévêque : La bientraitance à domicile ne peut pas être réduite à une posture individuelle ou à un principe déclaratif. Pour devenir un standard durable de qualité, elle doit désormais être organisée, soutenue et formalisée. Elle dépend d’une organisation concrète du travail, d’une culture commune, d’outils partagés, d’une coordination territoriale effective et d’une montée en compétences continue.Nos données ont permis d’identifier 3 axes majeurs d’amélioration :-professionnaliser les pratiques,-mieux articuler les décisions des structures avec les réalités de terrain, et-protéger réciproquement les personnes accompagnées comme les professionnels.

● Concrètement ?Loïc Gobé : À partir de ce travail collectif, la Charte propose 8 engagements communs :-se respecter,-s’écouter,-se sentir en sécurité,-communiquer,-veiller au bien-être,-se sentir soutenu,-se reconnaître et-se faire confiance.Ces repères sont valables tant pour les dirigeants et responsables de secteur, que pour les intervenants à domicile, personnes accompagnées, proches aidants et bénévoles. Ils soulignent l’importance du consentement, de la dignité, de la confidentialité, de la qualité des transmissions, du soutien des professionnels et de la participation des personnes aux décisions qui les concernent.

● Comment allez-vous diffuser cette Charte ?Loïc Gobé : Pour la rendre accessible, nous allons éditer une bande dessinée illustrative qui mettra en scène des situations concrètes du quotidien : respect de l’intimité, écoute des souhaits, changement d’avis, reconnaissance des compétences des intervenants, dialogue avec les proches ou prévention des comportements discriminatoires.Delphine Dupré-Lévêque : Nous allons aussi organiser des cafés éthiques territoriaux qui permettront de poursuivre la réflexion à partir de situations vécues. Ils offriront des espaces de dialogue entre professionnels, responsables, personnes accompagnées, proches aidants et partenaires locaux autour de questions concrètes : refus, autonomie et sécurité, remplacements, isolement, difficultés relationnelles ou situations préoccupantes.

En bref : La Fédération des Entreprises de Services à la Personne se présente comme la «fille du MEDEF» et revendique 4500 entreprises adhérentes employant 135000 salariés. Pour aller plus loin :Téléchargez la Charte iciTéléchargez l’étude ici 

Pour s'abonner à la Newsletter : https://www.geroscopie.fr/newsletter/

GEROSCOPIE
20 rue d'Armenonville, 92200 Neuilly-sur-Seine.